Passage du 22 au 45 questions, une bonne occasion de voir le dessin animé Rebelle

 

Auteur : Aymeric MAGNAN DE BELLEVUE

 

Voici quelques lignes de témoignage sur mon expérience du nouvel inventaire. Lors de mon passage de « 22 questions » il y a quelques années, je me retrouve avec une base Rebelle et une phase actuelle Promoteur au sixième étage de ma pyramide. Autrement dit, comme 1% de la population je me retrouve à avoir vécu toutes les phases. Je suis aux anges !

En effet, ma phase me dit « Waow t’envoie du bois pépère, y’a que 1% de la population qui est dans ton cas, you’re the one ! ». Ma base se régale aussi en imaginant la tête du reste de l’humanité Process Communiquante quand elle verra l’un de ces surhommes Nietzschéen qui est arrivé au bout de ses transformations ! Comme la plupart de ces types de résultats avec le « 22 questions », j’avais un commentaire « Validité à vérifier » … même pas peur ! Ce « surhomme » que j’étais devenu à la lecture de l’inventaire n’eut besoin que de quelques minutes pour faire une introspection et relier des périodes de vie avec des comportements particuliers, des périodes de stress dues à des moments de vie et les phases décrites dans la pyramide.

Cool, en plus je peux justifier mon profil et ainsi balayer d’un discours ce commentaire désobligeant en haut de ma pyramide « Validité à vérifier ».

Ajoutez à cela un sentiment d’aisance dans les exercices de la formation de formateur que mes chers amis de Kahler renforcent par des feedbacks positifs (merci Jérôme §;o) et le tour est joué. Je commence ma carrière de formateur avec un sympathique sentiment de puissance !

Quelques temps plus tard, le « 45 » sort en béta test pour les formateurs du réseau. Je rate un premier créneau et du coup pour contenter ma phase (promoteur) qui avait grave les boules (là c’est un lâcher de base), je harcèle Gérard par mail et par téléphone pour tout de même passer le nouveau questionnaire.

Je passe donc ce « 45 » avec 0 doute sur le résultat qui allait sans doute renforcer ma posture. La bonne nouvelle c’est que je sors avec une base rebelle et une phase promoteur … l’autre nouvelle est que ma phase actuelle n’est que le deuxième étage de ma pyramide … même pas peur !

Le surhomme Nietzschéen étant redescendu, ce fut l’occasion de faire une réelle introspection et voici quelques idées que je voudrais partager avec vous sur d’une part ces « moments de vie » où j’ai adopté des comportements des différents types qui n’étaient pas pour autant des « phases » et d’autre part la problématique de la responsabilité. Tout d’abord, je me suis demandé si dans un souci de cohérence avec le modèle je m’étais mis des œillères au point de relire ma vie pour y voir des comportements et des épreuves qui collaient à mon premier profil (hypothèse intrinsèquement problématique pour une personne de base Rebelle). Ma conclusion est que non, j’avais bien vécu ces périodes où je « visitais » mes différents étages et mes souvenirs de moment de stress étaient bien réels. Que conclure de cela ?

Pour ce qui me concerne, je me suis émerveillé de ma capacité d’adaptation (je vous rappelle ma phase actuelle ?) et me suis dit que mes moments de stress, même s’ils étaient réels n’avaient pas du m’affecter autant que des stress de problématique de phase. En effet, Taibi nous dit si je vis une situation stressante qui pose la problématique de ma phase actuelle, je vais potentiellement vivre particulièrement durement ces moments et si cela s’étale dans le temps, je suis candidat à changer de phase. En résumé, je me suis retrouvé devant une introspection étrange car sur le papier, je ne devais avoir vécu que la problématique de la responsabilité liée au type Rebelle et là vraiment je ne voyais pas en quoi j’avais un problème avec ce truc !

Je me suis tout d’abord dit que je devais avoir changé de phase il y a longtemps au début de l’adolescence mais à part une mauvaise foi « normale » (no comment sur la base) avec tel ou tel prof qui m’empêchait de reconnaitre ma responsabilité (une bonne vieille mauvaise foi quoi … rien de bien stressant), je ne voyais pas où et quand j’avais changé de phase d’autant plus que je ne me sentais pas en phase promoteur depuis longtemps. Comme cela semblait compliqué, j’avais arrêté de ramer et j’avais collé toute cette réflexion dans un coin, « pour plus tard ».

C’est mon ami Jérôme qui m’a mis la puce à l’oreille lors d’un de mes passages chez Kahler au Moulin. Toujours à l’affut des nouveaux trucs décalés, Jérôme me parle de ce producteur américain qui a été formé à la Process Com et qui a décidé de faire un dessin animé autour de la problématique de la responsabilité … Mouais, ça tombait bien car j’avais envie d’aller voir « Rebelle ». Dans ce dessin animé il y a deux éléments dans la conclusion. L’héroïne, Merida, accepte la responsabilité de telle ou telle bêtise qu’elle a faite … mouais, OK, jusque-là rien de transcendant. Le point d’étonnement pour moi est lié au fait qu’elle accepte la charge de princesse, ce qu’elle refusait depuis le début du film. La problématique de la responsabilité pour la personne de type Rebelle ne serait donc pas tant le fait d’assumer quelque chose qu’elle aurait fait que le fait d’assumer une responsabilité qui lui est imposée.

Certains de nos formateurs éminents militent pour dire qu’il y aurait une seconde question existentielle de type Rebelle qui serait « Suis-je libre » (Attention sur ce point, je sors de l’orthodoxie du modèle) et il me semble que c’est ici la clef de compréhension. En tout cas c’est là que j’ai eu le déclic par rapport à ma propre histoire ! En effet, la vie m’a amené à devenir le tuteur légal de ma mère qui a vécu les 15 dernières années de sa vie avec la maladie d’Alzheimer. Les comptes annuels à rendre au juge et la masse d’administratif que j’ai dû assumer sans l’avoir choisi m’ont mis une énorme pression pendant des années et à un moment, j’ai choisi d’assumer cette responsabilité. Cela n’a pas enlevé le côté extrêmement contraignant de la tutelle mais cela m’a permis de le vivre avec moins de pression, j’ai même relevé des challenges comme proposer tel ou tel chose au juge des tutelles et les faire accepter … j’avais changé de phase.

Cette compréhension de la problématique de la responsabilité comme le fait d’assumer ce que l’on n’a pas choisi, en résonance avec le « suis-je libre » est dans mon expérience une clef. Il me semble que cette clef peut être tout à fait intéressante si on l’applique dans le cadre du coaching. Dans le module de coaching du modèle on met en lumière sur le risque pour les personnes en phase Persévérant d’être confrontées à leur problématique de la peur lors d’une prise de poste. Il me semble que ce contexte de prise de poste pourrait être également un moment particulièrement à risque pour les personnes en phase Rebelle qui peuvent se retrouver confrontés à assumer des responsabilités qu’elles n’ont pas choisies.

 

Aymeric MAGNAN DE BELLEVUE

 

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